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A World Apart – Chapitre III : Apothéose

Vladimir Blowthorn était ravi de ce début de journée ensoleillé et contemplait le panorama new yorkais s’écoulant en vision périscopique, autour de son penthouse perché au 88ème étage du 432, Park Avenue.
Il lui plaisait de se rappeler régulièrement que ce totem magnétique, planant au-dessus de Central Park et intronisé en plein Manhattan par des architectes fous,
poussés par la rage de rebâtir la Tour de Babel originelle, était la plus haute tour résidentielle du monde.
Il toisait et tutoyait ainsi le Chrysler Building, l’Empire State Building et le One World Trade Center.
Le gratte-ciel avait été édifié sur les ruines du légendaire hôtel Drake, construit au début du 20ème siècle et ayant abrité le succès et les amours des célébrités des décades qui s’étaient succédées.

Vladimir Blowthorn était ravi de ce début de journée ensoleillé et contemplait le panorama new yorkais s’écoulant en vision périscopique, autour de son penthouse perché au 88ème étage du 432, Park Avenue.

Il lui plaisait de se rappeler régulièrement que ce totem magnétique, planant au-dessus de Central Park et intronisé en plein Manhattan par des architectes fous, poussés par la rage de rebâtir la Tour de Babel originelle, était la plus haute tour résidentielle du monde. Il toisait et tutoyait ainsi le Chrysler Building, l’Empire State Building et le One World Trade Center.

Le gratte-ciel avait été édifié sur les ruines du légendaire hôtel Drake, construit au début du 20ème siècle et ayant abrité le succès et les amours des célébrités des décades qui s’étaient succédées.

Vladimir avait jugé que cette antériorité était auspicieuse, car depuis qu’il s’était lancé dans la haute finance, sous l’égide du magnat Larry Hagmann, on l’avait surnommé the Son of the Dragon – “le Fils du Dragon”.

Que serait un Dragon sans son antre ? La sienne était inondée de lumière à longueur de temps, car elle était bordée de grandes baies vitrées de 3x3m et dotée d’une hauteur sous plafond de 3,80 m.

Ce bijou radieux, déroulant ses atouts immobiliers et mobiliers sur 370 m2, lui avait coûté la coquette somme de 17 millions de dollars qu’il avait préféré régler en 3 fois (sans frais), plutôt que d’opérer un versement mensuel de 54.000 dollars, sans compter les charges courantes de 12.000 dollars.

Vladimir n’aimait entretenir ni dette ni femme (d’après l’expérience de ses confrères, les secondes entraînant massivement les premières), c’était un de ses principes-phares dans l’existence. Le salut était dans la liberté.

Par contre, un de ses passe-temps favoris et dispendieux était de se divertir avec des amours (hautement) tarifés. Justement, il attendait Rebecca et Ornella, 2 jeunes Ukrainiennes, respectivement âgées de 23 et 25 ans, chaleureusement recommandées par un de ses partenaires d’affaires, comme lui spécialisé dans le shadow banking.

Il soupira d’aise. Il leur avait demandé leurs mensurations lors d’une brève conversation via vidéo chat sur Ionos, et était allé diligemment faire des courses préparatives sur Madison Avenue, à 8 minutes de volant de chez lui. Il adorait dénicher les plus belles lingeries en dentelle fine, de préférence italiennes, et avait un faible pour les voiles d’organza qui conféraient une allure surréaliste de jeune mariée vaporeuse à ses maîtresses.

Cette fois-ci, il n’avait pas acquis de robe d’apparat, car le dressing réservé à l’habillage de son haras débordait à craquer de possibilités, et tout ce falbalas lui coûtait une blinde, il fallait bien l’avouer … Un de ses amis lui avait fait remarquer qu’avec le budget qu’il dédiait aux Escorts, il pourrait s’acheter une femme, et sacrément belle, mais il n’était absolument pas d’accord. L’indépendance n’a pas de prix, et la diversité est la clef du bonheur…

En outre, il avait un goût sûr et affirmé, et le côté bling bling des escorts, même cotées, le démoralisait sexuellement totalement, d’où sa décision de contrôler leur code vestimentaire jusqu’au bout des ongles et des lèvres. Car il se préoccupait aussi de choisir les cosmétiques assortis aux tenues qu’il composait, tel un peintre de la Renaissance italienne (il prisait notamment Domenico Ghirlandaio).

Il vérifia où en était sa dernière grosse opération financière – un trafic d’Uranium.

C’était un marché sûr en termes de profits, quoique risqué. Le Pentagone en avait bien besoin pour mener ses guerres néocoloniales au Moyen Orient.

Son dernier fournisseur congolais lui paraissait à la fois performant et prudent, qualités essentielles à la floraison de cette activité délicate mais essentielle, et très profitable. Une exportation de ce précieux minerai radioactif était, pour l’heure, en cours vers la Chine, mais comme il valait toujours mieux 2 assurances qu’une, il comptait développer de nouvelles voies d’accès à partir de la Centrafrique, car ses clients ne pouvaient tolérer un défaut d’approvisionnement, quelles qu’en soient les causes, et ils payaient en conséquence.

La sonnerie de l’interphone retentit dans son hall aux murs cathédrale de marbre clair, contrastant de manière saisissante avec les reflets sombres du parquet de chêne : la Toccata et Fugue en Ré mineur de Bach – il ne s’en lassait pas.

Ses nymphes arrivaient à point pour célébrer avec lui son futur succès !

Il les accueillit onctueusement, et les guida vers une des 3 chambres à coucher, assorties de salles de bain, de son penthouse, réservée à cet usage exclusif.

Il avait déjà posé sur le lit King size les attributs de leur futurs atours ; elles s’extasièrent devant sa méticulosité et le caractère précieux des étoffes.

Il leur laissa une petite heure pour s’apprêter – il aimait les entendre glousser et chuchoter ; cela participait de la montée de sa lente excitation, tandis qu’il sirotait quelques coupelles de Bollinger mûr et charnu, en laissant flotter son regard vers le mirage du lacet bleuté de l’océan Atlantique qui se déployait, au delà des crêtes hérissées des citadelles de métal de Manhattan.

Il avait l’impression diffuse d’absorber de l’or liquide dont les tourbillons se répandaient en frémissant en réseaux de filaments photoniques à travers son corps.

Rebecca et Ornella surgirent, émues d’être aussi belles et honorées par les soins délicats de cet inconnu qui les traitait avec une familiarité empreinte de respect, telles d’anciennes camarades d’école ou d’université – si tant est qu’elles aient jamais arpenté un tel temple du savoir.

Vladimir les enveloppa d’un coup d’oeil et, satisfait de l’accomplissement tridimensionnel de ses élucubrations mentales, mais guère disposé au bavardage courtois ni au babillage puéril, les mena d’une démarche glissante à la salle d’eau gigantesque qui prolongeait sa suite.

Il appuya sur un bouton intégré à une des colonnes et un crochet descendit discrètement du centre du faux plafond voûté, dont le dôme abritait la douche à l’italienne constituant l’épicentre de sa salle de bain ; tous les meubles étaient périphériques, longeant les parois de marbre aux teintes fauves, striées de veines violacées, presque gonflées.

Les Gymnopédies d’Erik Satie passaient en fond sonore, tapissant l’espace d’une curieuse mélancolie, à la fois sereine et détachée.

Vladimir portait un magnifique peignoir en soie aux motifs de pétales trinitaires japonisants, composant un damier de tons alternant noir, blanc et rouge. Son érection manifeste en entrebâillait les pans et faisait plaisir à voir. Ses pupilles étaient légèrement dilatées par le plaisir à venir.

Il déroula la cordelette, entrelacée de chanvre et de satin écarlate, qu’il venait de sortir de l’une des vastes poches de son peignoir, et l’arrima fermement au crochet qu’il atteignit sans difficulté, du haut de ses I,90 mètres.

Il attacha avec les poignets de Rebecca, puis tendit à Ornella le gode-ceinture qu’il venait de faire émerger de la seconde poche de son peignoir, dont elle se ceignit avec une gourmandise non affectée.

Tout cela constituait un scénario préétabli, transmis au préalable à ces 2 consoeurs de luxure.

Il commença à caresser les cuisses légères de Rebecca, à flatter l’échancrure de ses hanches, déposant des baisers légers, presque furtifs, le long de son cou et derrière ses oreilles ourlées comme un coquillage.

Elle était palpitante comme un coquelicot sous le vent murmurant de l’été.

Puis il ordonna à Ornella de s’approcher par derrière, et de la pénétrer analement lentement, précieusement, telle une lame coupant la chair d’une goyave, à la recherche de sa pulpe grenat.

Rebecca frémit sous cette effraction, puis commença à osciller, au rythme de la houle de son amante et du souffle désormais précipité de Vladimir.

Les concertos pour violon de Bach sillonnaient à présent l’air.

Vladimir caressait la conque de Rebecca qui, peu à peu, se bordait d’écume ; satisfait de l’effet de sa chorégraphie et de ses qualités de réalisateur, il tendit son gland vers sa vulve et le frotta contre son clitoris qui s’électrifia à ce contact suave. Rebecca gémit, et il accueillit cet aveu dans le recueillement, comme à l’entrée d’une chapelle.

Il agrippa sa vasque de chair d’une main tout en la pénétrant fortement, et goûta la fraicheur de ses fonts baptismaux. Sentir le transept du godemichet qui la comblait en miroir inversé ne faisait qu’accroître le plaisir de sa propre trajectoire, tel la rencontre improbable de deux météores dans les abîmes célestes.

Au moment où Rebecca amorça un roulis orgasmique, prise dans les feux croisés de cette double pénétration qui la tractait dans des soubresauts imprévisibles, il l’empoigna fermement à la gorge et resserra l’étreinte de ses doigts ; la carotide battait sous ses phalanges et déclencha un spasme de jouissance en lui quasi incontrôlable.

Sa bouche vint alors à la croisée des lèvres tremblantes de sa concubine d’une heure et lui implanta sa langue, telle un dard furieux.

Son amante se tordit sous le choc de cette triple invasion, cependant contenue dans le gantelet de fer qui maintenait sa tête à l’équilibre, semblable à un phare tranquille par dessus le tumulte de la mer.

Elle capitula dans un long orgasme tourmenté, et il put enfin s’affranchir de sa propre réserve, se laissant aspirer dans un plaisir paroxystique qui se confondait avec les volutes troubles du parfum au jasmin qu’il lui avait enjoint d’apposer sur sa peau.

Pendant que ses 2 invitées se remettaient de cette séance exquise en procédant à leurs ablutions respectives, Vladimir effectua la 2de moitié du virement convenu pour leur prestation commune.

Il les salua de loin lorsqu’elles repartirent, déjà absorbé par le suivi des résultats de son opération de transfert clandestin d’uranium à ses partenaires chinois.

Tout s’était déroulé à merveille, et il avait à présent 2,5 millions d’honoraires sur son compte bancaire au Delaware.

Il soupira d’aise. Encore une journée de grâce, bénie par l’abondance du Très Haut Lucifer, ou qui que ce soit qui consacrait ses affaires tant personnelles que commerciales.

Il scruta les reflets du soleil effilochés et diffractés par les tours de verre qui s’étiraient en éventail cristallin, au delà de sa phénoménale baie vitrée.

Les rais de lumière pénétrèrent l’iris bleu de ses yeux, le revêtant d’une couche d’ambre par un curieux effet optique qu’on ne pouvait qualifier que de reptilien.

BURN, WORLD, BURN.

 
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