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A World Apart – Chapitre X – Rédemption
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Djibril Kamara ne se considérait pas comme un tueur, mais comme un sauveteur :
ses proies étaient des assassins de Ière catégorie, commettant de meurtres de sang froid, prémédités, organisés et toujours rentables sur des victimes innocentes.
Aussi, Djibril n’exécutait des vies que pour en sauver tant d’autres.
Il se percevait comme un Croisé – un chevalier camouflé des temps post modernes,
arborant le statut du mercenaire pour répandre le Bien au fil de l’épée,
ou +tôt de l’arbalète Compound qui était entre ses doigts une arme foudroyante.
Il enviait ses cibles qu’il menait au trépas en un soupir, sans qu’elles en prennent conscience.
Elles glissaient dans leur sommeil sans retour comme prises d’une langueur subite, car ses tirs opéraient tels un éclair fulgurant.

Djibril Kamara ne se considérait pas comme un tueur, mais comme un sauveteur : ses proies étaient des assassins de Ière catégorie, commettant de meurtres de sang froid, prémédités, organisés et toujours rentables sur des victimes innocentes.

Aussi, Djibril n’exécutait des vies que pour en sauver tant d’autres. Il se percevait comme un Croisé – un chevalier camouflé des temps post modernes, arborant le statut du mercenaire pour répandre le Bien au fil de l’épée, ou +tôt de l’arbalète Compound qui était entre ses doigts une arme foudroyante.

Il enviait ses cibles qu’il menait au trépas en un soupir, sans qu’elles en prennent conscience. Elles glissaient dans leur sommeil sans retour comme prises d’une langueur subite, car ses tirs opéraient tels un éclair fulgurant.

Djibril avait observé tant de personnes, en sa terre natale de Sierra Leone, se faire torturer, démembrer, dépecer, éventrer… Leur agonie était lente et il avait ainsi appris combien mourir peut être difficile et pénible,

à commencer par sa propre mère immolée sous ses yeux, avant qu’il ne soit enlevé par les milices gouvernementales pour rejoindre leurs rangs d’enfants-soldats robotisés et galvanisés par les drogues, au service silencieux des multinationales apatrides – et putrides.

Mais il n’avait, lui-même, jamais torturé quiconque : il garantissait une mort propre, sans bavure ; son âme restait pure sous le monceau de ses crimes.

Il savait combien, sous le vernis de la civilisation, le coeur humain reste la plupart du temps lâche et indifférent, ce qui le rend, au mieux, cruel par procuration ou distanciation…

Les multitudes se moquaient éperdument des massacres perpétrés hors de leur vue, et lorsque, par infortune, ils s’abattaient sur elles, elles cherchaient uniquement à s’en mettre hors d’atteinte, sans en chercher les causes ni éviter leurs répétitions incalculables.

Le monde était un cauchemar insomniaque parcouru de somnambules amnésiques. Y vivre – ou y survivre – était de l’ordre du châtiment divin, dans l’expérience de Djibril.

La 2de loi de son credo était que, parce qu’il donnait la mort en prenant le droit de mettre fin prématurément à la vie, il s’Interdisait de donner la vie et d’en jouir.

De la sorte, il ne s’octroyait pas de vie sentimentale ni sexuelle ; il restait, tel une sentinelle, dans une solitude abstinente, ne concevant pas de se perdre dans les délices de la chair et de la tendresse alors qu’il était mû par la pulsion de mort.

C’était, pour Djibril, une posture spirituelle au-delà de toute morale conventionnelle, car tout droit implique un devoir équivalent.

Or, autour de lui, il ne constatait que destruction unilatérale : sociale, environnementale, psychique, physique, émotionnelle, spirituelle.

Les êtres humains ripaillaient sans payer le tribut proportionnel à leurs abus, leur exploitation et leurs manipulations. Ils dansaient sur le volcan en Ignorant la lave engendrée par leurs battements de pied frénétiques…

Pourtant, les lois cosmiques requièrent que tu ne peux soustraire quoi que ce soit au monde sans toi-même offrir quelque chose en retour.

C’est tout le sens des offrandes et du sacrifice depuis l’aube des temps : tout chasseur ou cueilleur laisse quelque chose en échange de ce qu’il glane, dans le cercle vertueux de l’animisme et du chamanisme qui sont le socle originel de tous les courants religieux, y compris monothéistes.

Mais le monde était entré dans un profond déséquilibre, le temps du Kali Yuga, car l’être humain ne respectait + ces lois Intangibles du Donner pour Prendre : l’ère de l’entropie était advenue. Aussi, Djibril luttait à sa manière contre le chaos.

Hashim Taçi, trafiquant d’organes albanais qui amorçait en parallèle une carrière politique foudroyante dans le pays artificiellement créé par le tandem ONU/OTAN qu’était le Kosovo, venait d’arriver en limousine aux vitres opacifiées à l’entrée du palace BEYOND.

Djibril ouvrit lentement sa mallette contenant une précieuse collection de fioles de poison :

amatoxines (issues de champignons vénéneux), Strychnine (issue de la Noix Vomique), Ricine (issue des plants de Ricin), Oléandrine (extraite du laurier rose), alcaloïdes d’Aconit,, toxine botulique, venins de serpent hémotoxiques et neurotoxiques, alcaloïdes toxiques extraits de grenouille, Chlorure de Potassium (stoppant le coeur), Bromure de Pancuronium (paralysant le diaphragme), Chloropicrine (dérivé du chloroforme), VX (agent innervant), Polonium 2I0 (radioactif interne), Sulfate de Thallium (métal toxique), …

Il enfila des gants médicaux pour manipuler délicatement 2 fioles qu’il avait choisies et verser avec soin quelques gouttes de leur contenu létal sur les fléchettes ultra-fines – des aiguilles en carbone poreuses profilées – qu’il utilisait en guise de cartouches ; puis il les ajusta sur son arbalète à poulies à armement électrique.

Il n’avait plus qu’à attendre que son client en phase terminale se prélasse sur la terrasse de sa suite, avec un des whisky et cigares qu’il adorait déguster, tout en profitant de la vue prémonitoire sur la magnifique église gothique Saint Pierre, la + ancienne de Munich – Saint Pierre étant le dépositaire christique des clés du royaume des Cieux.

Une demi-heure après, le trafiquant suivit son pronostic, à cette différence près qu’en + du cigare et du whisky, il se pendouillait aux lèvres et au décolleté d’une escort affrétée pour l’occasion, sur la banquette lounge de la terrasse.

Mais Djibril était entraîné à ce contexte de promiscuité lascive, et il ajusta sa lunette de visée sans sourciller, avant d’activer la manivelle d’armement.

Il aimait ces moments hors du temps où la main secourable des dieux vengeurs le guidait. Il ne ratait jamais sa cible, et cette fois-là, il ne faillit pas davantage.

La prostituée se mit à hurler au spectacle de la crise cardiaque inédite de son client. Les poisons sélectionnés par Djibril étant extrêmement discrets, on mettrait son trépas sur le compte de son mode de vie agité, troublé par l’excès conjugué du stress et des délices…

Djibril se tourna vers la statuette de la Vierge Noire qui n’avait pas perdu une miette de ses préparatifs et de son rituel de thanatonaute. Il s’agenouilla devant elle et murmura :

« Notre Père qui êtes aux cieux,

que votre nom soit sanctifié,

que votre règne vienne,

que votre volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel.

Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien.

Pardonnez-nous nos offenses,

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Et ne nous laissez pas entrer en tentation,

mais délivrez-nous du Mal. 

Car c’est à Vous qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles.

Amen. »

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